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Réemploi
Lors de la visite, Maxime JOLY, fondateur et gérant d'Alternatinnov a présenté sa matériauthèque de 1200 m², où une large gamme de matériaux, bois, métaux, menuiseries, isolants et éléments décoratifs est soigneusement valorisée. Ces ressources, autrefois considérées comme des déchets, deviennent ici des solutions pour les projets de construction et de rénovation.
L’enjeu ? Montrer que le réemploi est non seulement possible et conforme aux exigences actuelles.
Maxime JOLY insiste sur l’importance des diagnostics préalables pour garantir la sécurité, la qualité et la légalité des matériaux réemployés, en particulier lorsqu’il s’agit de marchés publics. Ces exigences règlementaires sont indispensables pour rassurer les maîtres d’ouvrage et les entreprises quant à l’adoption de ces pratiques innovantes. Grâce à cette rigueur, la matériauthèque contribue à professionnaliser une pratique encore émergente, en apportant les garanties nécessaires pour que le réemploi devienne une alternative crédible, durable et pleinement reconnue dans le secteur du bâtiment.
Pour optimiser les coûts d’un projet intégrant une démarche de réemploi, Maxime souligne la nécessité d’une bonne coordination entre tous les acteurs. « Les projets les plus réussis intègrent le réemploi dès la phase de conception », explique-t-il. La matériauthèque centralise l’offre et la demande, mais sa durabilité repose sur un engagement collectif et une mutualisation des ressources entre chantiers.
Les matériauthèques reposent sur un équilibre fragile et leur rentabilité reste un défi. Disponibilité des gisements, coûts logistiques et demande du marché sont autant de facteurs à prendre en compte : « Une matériauthèque ne peut pas être viable seule », avertit Maxime Joly. Il est nécessaire de l'inscrire dans un écosystème plus large de services, comme la dépose soignée et des partenariats solides, et de ne pas reposer uniquement sur la revente de matériaux. L'équation financière doit s'appuyer sur la complémentarité entre initiatives publiques et privées afin de consolider cette nouvelle filière.
Pour renforcer l’attractivité du réemploi, les professionnels présents ont mis en avant plusieurs leviers : sensibilisation, traçabilité renforcée, mutualisation des moyens à l’échelle régionale...
La matériauthèque est un outil clé, mais son impact dépendra de la mobilisation de l'ensemble de la filière.
Les participants sont partis convaincus que la matériauthèque, plus qu'un lieu de stockage, constitue un véritable levier de transformation des pratiques du bâtiment. Le réemploi, longtemps perçu comme marginal, s'impose peu à peu comme une voie d'avenir pour la construction durable en Bourgogne-Franche-Comté.
Retour visite de la matériauthèque ALTERNATINNOV à Laissey (25)
Dernière mise à jour : 15 janvier 2026