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Réemploi
Depuis 2020, la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) impose aux collectivités et à l’État d’intégrer des matériaux issus du réemploi ou du recyclage dans leurs achats, avec des objectifs progressifs fixés jusqu’en 2030. L’article 35 de la loi Climat et Résilience, applicable à partir d’août 2026, renforce cette dynamique en exigeant l’intégration de critères environnementaux dans tous les marchés publics. Les Schémas de Promotion des Achats Publics Socialement et Écologiquement Responsables (SPASER) deviennent ainsi des outils clés pour structurer cette transition, avec des indicateurs quantitatifs et des feuilles de route territoriales.
Estelle Klima, directrice de SOCOTEC immobilier Durable, a rappelé que ces évolutions ne doivent pas être perçues uniquement comme des contraintes, mais aussi comme de véritables opportunités pour innover et réduire l’empreinte carbone des projets. Elle a insisté sur la nécessité de sortir du critère unique du prix afin d' intégrer le réemploi dans les projets, en valorisant les offres les plus vertueuses grâce à des clauses environnementales et des critères d’attribution adaptés. L’experte a insisté sur l’importance d’anticiper dès la phase de programmation. « Le réemploi se joue dès le premier coup de crayon » a-t-elle souligné, rappelant que la réussite dépend d’une coordination étroite entre maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre et entreprises.
Emmanuelle Bertrand, responsable du service maitrise d’ouvrage de la ville de Pontarlier et de la Communauté de Communes de Grand Pontarlier (CCGP) a présenté le projet de réhabilitation de l’Hôtel d’entreprises « Belle Vie » à Houtaud, un bâtiment de 6000 m². Près de 8 tonnes de matériaux (cloisons modulaires, dalles de faux plafonds, revêtements de sol, sanitaires, etc.) ont été réemployées in-situ, atteignant un taux de réemploi de 1,6 %. Un chiffre modeste, mais révélateur du potentiel encore inexploré du réemploi, qui ne concerne aujourd’hui que 1 % des matériaux de construction.
À l’issue de cette première expérience, le maître d’ouvrage a identifié plusieurs enseignements clés :
Gilles Trahard, responsable immobilier à la Direction Interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (DIPJJ), a quant à lui partagé son expérience sur l’intégration du réemploi dans les projets immobiliers publics. Il a mis en évidence plusieurs obstacles majeurs :
Les échanges ont mis en lumière des outils concrets pour faciliter l’intégration du réemploi :
Ce 5ème RDV a confirmé que le réemploi dans les marchés publics est non seulement possible, mais essentiel pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le réemploi ne s’improvise pas, il se construit par l’anticipation, le dialogue et la structuration des compétences.
Dernière mise à jour : 27 février 2026